Atelier 6 - Mobiliser les acteurs du secteur agricole autour des PCET

Introduction

Sarah Martin














































































































































































































































Bonjour à tous. Je vous propose de démarrer cet atelier. Bienvenue dans cet atelier qui va être dédié à l’agriculture et plus particulièrement à la question de la mobilisation des acteurs du secteur agricole dans les Plans Climat.

Pourquoi cet atelier ? Un mot d’introduction.Comme on va le voir au cours de l’atelier, un certain nombre de collectivités ont peu ou pensent avoir peu de compétences ou peu de leviers d’actions sur le domaine de l’agriculture.

L’idée est de montrer aujourd’hui au travers d’un certain nombre d’exemples qu’il y a beaucoup de choses possibles et que c’est évidemment un domaine sur lequel il est important d’agir. Les enjeux sont très importants et évidemment le facteur 4 n’est pas atteignable sans la contribution du secteur agricole.

C’est un secteur sur lequel on va se heurter à un certain nombre de difficultés comme sur beaucoup d’autres, particulièrement une grande quantité d’acteurs, un domaine très complexe. On va voir notamment l’importance sur ce secteur-là de travailler aux différentes échelles :

-il y a évidemment l’échelle de l’exploitation agricole
-l’échelle des filières, là c’est plus l’aspect économique
-et puis évidemment l’échelle des territoires qui nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui.

Sur cet atelier n’attendez pas des recettes toutes faites, on va avoir plusieurs témoignages, et l’idée, après est de garder un temps important pour les échanges, pour éventuellement vos témoignages à vous.

Je vais juste en trois transparents vous redonner les clés pour partager très rapidement les quelques enjeux sur le secteur agricole.

-Fabien POMMIER du Réseau Action Climat France vous présentera quelques éléments à partir d’une étude en cours sur ce que peuvent faire les collectivités territoriales sur la question de l’agriculture et de la forêt,

-ensuite nous aurons un témoignage en duo d’Aurélie CHEVALIER qui est chargée de mission au pays Thouarsais et Denis SAVETIER qui travaille à l’Agence Régionale Évaluation Environnement Climat et qui est entre autres mission Expert ClimAgri

-et enfin Bulle POUZOULET qui est chargée de mission au Parc Naturel Régional Normandie Maine.

L’agriculture, est-ce un secteur comme les autres ? Chaque secteur est différent évidemment. Le défi énergétique. Un premier point juste pour vous rappeler l’enjeu énergétique, l’agriculture c’est 2 % des consommations d’énergie en France, à peu près l’équivalent de son poids dans le PIB.

Ce qu’on dit souvent c’est que l’énergie est un vrai problème pour l’agriculture, par contre l’agriculture n’est pas forcément l’enjeu prioritaire en tout cas dans le cadre du défi énergétique global.

Une forte dépendance aux produits pétroliers : par contre pour certaines exploitations et donc pour certains territoires, on peut avoir une très forte dépendance et un très fort poids de l’énergie dans les charges directes.

Il y a évidemment la question de l’énergie indirecte qui est très, très forte sur l’agriculture avec l’aspect intrants agricoles et en particulier tout ce qui est fabrication des engrais agricoles et l’alimentation animale, avec certains systèmes très dépendants de ces questions énergétiques et des fluctuations du prix de l’énergie.

L’agriculture a aussi la particularité d’être productrice d’énergie renouvelable, notamment au travers de la méthanisation, tout ce qui est biomasse, qu’elle soit agricole ou forestière, on lie beaucoup l’agriculture et la forêt et puis évidemment l’éolien et le photovoltaïque qui sont peut-être moins spécifiques de ce secteur.

Le changement climatique. L’aspect changement climatique et Gaz à Effet de Serre (gaz à effet de serre), le poids de l’agriculture c’est à peu près 20 % des émissions de gaz à effet de serre. L’agriculture présente la particularité d’avoir très peu d’émission d’origine énergétique, l’aspect CO2 lié à la consommation d’énergie.

Les principales émissions de l’agriculture viennent d’émissions diffuses qui sont soit du N2O, les émissions des sols qui sont liées aux apports azotés principalement, à l’apport d’engrais et le CH4 qui est lié à la fermentation entérique et aux déjections animales.

Ce sont des émissions qu’on maîtrise mal parce qu’elles sont diffuses, elles sont présentes sur tout le territoire. On a de très fortes incertitudes sur les quantités émises puisqu’elles dépendent de paramètres biologiques, notamment du climat, de la météo, des conditions des sols, etc.,

ce qui fait qu’il est à la fois difficile de les quantifier, mais également de les réduire. On a également la capacité des sols à stocker et déstocker le carbone et donc l’importance aujourd’hui de préserver les stocks de carbone dans les sols.

La plénière parlait tout à l’heure d’adaptation, l’agriculture est un des premiers secteurs déjà confrontés aux questions d’adaptation changement climatique et qui sera évidemment très fortement impactée notamment sur les questions de régimes hydriques et d’évolution des températures…

Préservation des sols. Sur les sols, je ne vais pas insister, mais c’est bien l’idée qu’on a des stocks de carbone différents selon les types de sols, donc il y a un réel enjeu à préserver aujourd’hui les stocks de carbone qui sont dans les sols.

Il y a aussi une question forte : aujourd’hui l’agriculture et la forêt représentent 80 % du territoire national, on n’a pas de possibilité d’extension et il y a de fait une forte compétition d’usage selon qu’on souhaite produire de la biomasse forestière,

produire de l’alimentation, de l’énergie et la question de l’artificialisation où là, les collectivités ont un réel pourvoir de levier.

Pour terminer – je ne vais pas balayer tous les enjeux puisque l’idée c’est vraiment de passer aux témoignages – il y a les autres enjeux sur l’eau, la qualité, la quantité, sur l’air, la biodiversité et on peut en trouver d’autres.

Dans un contexte mondial, ne pas oublier dans tout ce qu’on va dire que la vocation première de l’agriculture est de nourrir le monde, avec un défi alimentaire qui se présente,

l’augmentation de la population, des terrains agricoles qu’on ne peut pas augmenter en France et qui sont plutôt en diminution, des enjeux économiques qu’il faut évidemment prendre en compte dans les mesures ou les choix,

les choses qui vont être à mettre en place, et un très grand nombre d’entreprises et donc la nécessité d’un mode d’action à adapter sur le terrain. Voilà pour cette petite introduction.

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