Atelier 1 - Mobiliser les petites communes avec le Conseil en Énergie Partagé dans le cadre d’un PCET intercommunal

Introduction

Yvon Basset














































































































































































































































Je suis Yvon BASSET, directeur adjoint de l’ADEME Bretagne. On m’a demandé d’animer cet atelier sur le métier de conseil en énergie partagée, et de voir dans quelle mesure ce service, pour les collectivités locales, permettait de mobiliser les petites communes dans le cadre d’un plan climat énergie territorial.

Nous allons retrouver cet après-midi un atelier très pratique, très opérationnel. Nous l’avons dit tout à l’heure en plénière, c’est l’objectif des ateliers. Nous allons être assez loin des grandes stratégies que nous avons évoquées sur le changement climatique, sur l’adaptation, etc. Nous allons revenir vraiment sur le concret sur la base du travail.

Nous allons en tout cas sur des choses qui ont du sens, qui donnent du sens à nos politiques. Je pense que cet atelier devrait être assez intéressant. Ce que j’ai noté, ce matin, dans les micros-trottoirs, ce sont quelques petites informations intéressantes, pas de scoops,

mais un des problèmes, dans l’élaboration des plans climat, consistait à la mobilisation des acteurs. Et quand nous parlons de la mobilisation des acteurs comme souvent ces plans climat sont conduits à des échelles intercommunales, cela a été déjà dit, nous avons du mal à mobiliser les petites communes.

Pourtant, de notre point de vue, c’est là qu’il se passe beaucoup de choses. Si nous n’avons pas déjà avec nous les élus des petites communes, nous allons avoir du mal à avancer. Et, ce que j’ai relevé aussi dans le micro-trottoir, j’en parle très souvent aux collectivités bretonnes,

c’est le rôle exemplaire qu’elles doivent avoir vis-à-vis de l’ensemble des acteurs du territoire. Quand on parle d’exemplarité des petites communes, la première chose à faire consiste

à travailler sur son patrimoine, à travailler sur les consommations énergétiques de son patrimoine. Quoiqu’on en dise, et même s’il y a eu beaucoup de choses de faites, il y a encore du travail.

Je pense que les trois interventions que nous allons avoir aujourd’hui vont nous permettre de mesurer tout le travail qu’il reste encore à accomplir. Nous allons vous parler d’un métier : le conseil en énergie partagée, avec trois exemples. Je vais essayer de vous décrire ce métier rapidement, mais ce sera illustré de manière plus précise ensuite.

Vous allez voir aussi que le contenu est assez évolutif dans le temps, évolutif d’un territoire à un autre. C’est un outil qui doit vraiment être adapté à la demande, au contexte local et à la problématique des communes. Le concept du conseil énergie partagé est très simple : partager un conseiller énergie entre plusieurs petites communes

qui n’ont pas des services techniques suffisants pour avoir en interne cette compétence. Le principe est assez simple, la mise en œuvre est quelquefois un petit peu plus compliquée, puisqu’il faut trouver une structure intercommunale qui soit en capacité de porter le service et de le proposer aux petites communes.

Vous verrez, avec les illustrations, comment cela se met en œuvre. Donc que doit faire cet homme, ou cette femme, ce n’est pas un métier uniquement masculin même si ici les trois conseillers sont plutôt masculins, il y a aussi beaucoup femmes dans ce réseau. Cet homme doit d’abord faire un suivi des consommations

du patrimoine des communes dont il a la charge. Il réalise des bilans de consommation avec un historique au démarrage de trois années, pour avoir un peu de recul. Si le bilan est un outil intéressant et indispensable pour gérer l’énergie dans une commune, ce n’est pas non plus une fin en soi.

Bien entendu, à partir de ce bilan, de la visite des bâtiments, il va être amené à faire des préconisations, un certain nombre d’interventions qu’il va pouvoir proposer aux communes, et surtout, ce qui est intéressant, c’est que ce service s’inscrive dans la durée pour qu’il puisse suivre la mise en œuvre des préconisations qu’il va pouvoir faire.

Donc chaque année, il définit avec la commune un programme de travail, auquel il va s’atteler au cours de l’année, et dedans nous pouvons retrouver différentes choses. Bien sûr, la mise à jour annuelle du bilan, qui permet de voir comment tout cela évolue, comment sont les indicateurs au niveau de la commune,

mais il va engager aussi tout un travail sur le patrimoine avec la réalisation de prédiagnostics ou de fiches bâtiment. Mais vous verrez que cela est assez divers selon les expériences.
L’idée de base aussi de ce métier est d’avoir, à la disposition des collectivités locales, une compétence énergie indépendante sur le territoire.

C’est-à-dire que dans les communes, notamment les petites communes, vous n’avez pas de projets de rénovation ou de création d’éléments de patrimoine nouveaux chaque année. Mais ce qui est important est que, le jour où vous avez ce projet, et bien que vous puissiez disposer sur votre territoire d’une compétence capable d’orienter vos choix,

de vous conseiller et d’être aussi un interlocuteur efficace au regard des professionnels qui vont travailler sur le projet. Voilà un petit peu les différentes missions. Nous aurons l’occasion d’y revenir tout à l’heure. Dans le cadre de l’atelier, certes nous allons vous présenter cette mission, et n’hésitez pas à poser des questions techniques,

si vous en avez et si vous avez encore un besoin en la matière, les conseillers sont là pour y répondre. Je souhaiterais que nous puissions échanger dans l’atelier selon deux éclairages un peu différents par rapport au CEP et pour faire le lien avec PCET.

Le premier : qu’est-ce qu’un CEP (un conseiller énergie partagé) sur un territoire peut apporter dans le cadre d’un plan climat énergie territorial ? Quel est son rôle ? Y a-t-il un impact ? Le fait d’avoir ce service en amont fait-il avancer les choses un petit peu plus vite ? Voilà le premier regard.

Ou alors, à l’inverse, est-ce qu’un plan énergie territorial peut rendre un petit peu plus dynamique ce service sur un territoire, ou du moins, faire émerger un service ? Je crois que là aussi les exemples sont assez partagés sur le sujet, et nous allons voir les deux éclairages. Ce que je trouve intéressant est que nous puissions échanger avec vous après.

Donc nous allons essayer de garder un temps relativement long pour cet échange, c’est pourquoi je demanderai à nos trois intervenants, ou quatre, parce que sur la dernière ils seront deux à intervenir, d’essayer de cadrer en dix ou quinze minutes.

Nous garderons un petit temps de cinq minutes de questions directes sur la présentation qui aura été faite et puis nous aurons une demi-heure minimum, nous essayerons de garder cela pour des débats un petit peu plus généraux, et nous pourrons écouter, soit vos propres expériences qui viendront enrichir l’atelier, soit répondre à vos questions.

Les trois expériences qui vont vous être présentées. La première vous sera présentée par Sébastien DURAND, qui est conseiller en énergie partagé pour le pays de Midi Quercy ; Arnaud MARIE qui, lui, représente le Pays virois et qui est le chargé de mission énergie au niveau du pays, et puis le dernier exemple qui concerne le pays de Cornouaille.

Là, nous aurons deux voix : d’abord Jocelyne L’HYVER qui est chargée de mission Agenda 21 et plan climat à Quimper Communauté et Nicolas KERLOCH qui est chargé de mission plan climat à l’échelle du pays de Cornouaille et qui par contre a commencé sa carrière par le métier de CEP.

Donc, je laisse la parole à Sébastien qui va nous parler de l’expérience de Midi Quercy.

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